Le monde est aux aguets - Le mouvement syndical international lance sa campagne T-Mobile

Communiqué de presse CWA (Communications Workers of America)

16. Februar 2011: Quand le CWA (Communications Workers of America) et Ver.di, syndicat allemand représentant deux millions de travailleurs, y compris les travailleurs des télécommunications de Deutsche Telekom et T-Mobile, ont annoncé la création de TU, ils ont donné le coup d’envoi d’une organisation syndicale internationale audacieuse et novatrice qui aurait pour mission d’éradiquer la discrimination à l’égard des travailleurs de T-Mobile USA et de diverses autres filiales du géant allemand Deutsche Telekom. Le TU représente les employés de T-Mobile dans les deux pays, assurant du même coup à ces derniers une voix puissante au niveau de l’entreprise.

Depuis lors, des milliers de travailleurs employés chez T-Mobile en Allemagne se sont mobilisés en solidarité avec leurs collègues aux Etats-Unis et ont demandé à DT d’abandonner sa politique de deux poids, deux mesures consistant à soutenir les droits des travailleurs en Europe tout en s’y opposant totalement aux Etats-Unis.

A présent le monde entier s’est rallié à la campagne. Le mouvement syndical international représenté par la Confédération syndicale internationale a annoncé le lancement d’une vaste campagne internationale qui vise à convaincre Deutsche Telekom de cesser toute discrimination antisyndicale et de reconnaître aux employés de T-Mobile USA le droit d’adhérer à un syndicat de leur plein gré.

Deutsche Telekom a systématiquement refusé de mettre fin à la campagne antisyndicale menée par T-Mobile USA.« Nous attendons mieux de la part de Deutsche Telekom », a dit Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI. « Avec des opérations dans une cinquantaine de pays, elle a établi des relations syndicales avec une grande partie de ses effectifs. La firme enfreint pourtant de manière flagrante, aux Etats-Unis en particulier, son obligation à la neutralité vis-à-vis des syndicats et s’évertue à exclure les syndicats de ses lieux de travail. Nous demandons simplement à Deutsche Telekom de respecter les droits fondamentaux de tous ceux et toutes celles qui travaillent pour elle à travers le monde, conformément aux normes juridiques internationales. »

Dans son obstination à empêcher ses employés d’adhérer à un syndicat, T-Mobile est allée jusqu’à engager des consultants spécialisés dans les actions antisyndicales aux Etats-Unis, à recourir à l’intimidation et au harcèlement, voire à licencier des partisans du syndicat. Des preuves détaillées de cette campagne syndicale ont été révélées en septembre dernier dans un rapport publié par Human Rights Watch. Le rapport «…évoque dans le détail les campagnes agressives menées par certaines firmes multinationales européennes pour empêcher les travailleurs aux Etats-Unis de s’organiser et de négocier, et ce en violation des normes internationales et fréquemment aussi des lois des Etats-Unis ».

« Notre message à Deutsche Telekom est le suivant : Nous en avons assez de la façade de coopération en Allemagne derrière laquelle se cache le club de l’intolérance aux Etats-Unis. Le mouvement syndical international attend mieux de votre part. Nous attendons de la part de Deutsche Telekom qu’elle s’en tienne aux normes qu’elle a établies en Allemagne – le respect des droits des travailleurs », a déclaré le président du CWA, Larry Cohen.

« Alors que le monde entier a les yeux rivés sur Deutsche Telekom, nous savons que les travailleurs de T-Mobile USA obtiendront la représentation syndicale qu’ils désirent », a-t-il déclaré.

Ado Wilhelm, directeur du département des communications mobiles chez Ver.di a déclaré : « Les Allemands sont consternés qu’une entreprise réputée comme Deutsche Telekom puisse tolérer une telle discrimination antisyndicale et une conduite aussi déplorable. »

A partir de cette semaine, des affiches géantes et autres supports publicitaires arboreront le slogan de la campagne « WEB » dans les principales villes des Etats-Unis où T-Mobile est implantée, notamment à Richmond en Virginie, à Allentown en Pennsylvanie et à Salem dans l’Oregon, pour ne citer qu’elles.