« Il faut établir des règles du jeu équitables »

19. Oktober 2012: Le travailleur interviewé est technicien standardiste, il est chargé de maintenir le réseau T-Mobile opérationnel

Il se souvient d’une conversation il y a quelques années avec des collègues qui étaient « farouchement opposés » à l’idée d’un syndicat. Il leur a demandé pourquoi.

Ils ont dit : « Nous n’en avons que faire ici ». Et j’ai dit : « Dans certaines industries, les entreprises se conduisent traditionnellement de façon abusive. » Et à présent l’entreprise se conduit de manière abusive. Donc ces types qui ne voulaient pas d’un syndicat, devinez ce qu’ils veulent à présent… Ils ont signé des cartes. « Nous sommes tous pour. »

Lui et ses collègues ont vu leurs prestations et leurs salaires se contracter, et ce alors qu’ils étaient poussés à entreprendre des tâches supplémentaires sans formation ou direction adéquates. D’après lui, les seules fois où les choses vont mieux, du moins en apparence, c’est quand la direction commence à être préoccupée par l’activité syndicale.

« Ils n’ont pas mentionné le mot « syndicat », ils prétendent qu’il n’existe pas », dit-il. « Mais tout à coup l’argent tombe du ciel. « Nous allons améliorer votre plan d’appel. Est-ce que vous voulez des uniformes? » Des employés leur avaient soumis certaines demandes et ils avaient répondu « Bon, nous devrons étudier la question ; c’est cher. » Et tout à coup ils sont en mesure de commander des vestes, des chaussures, tout ce qu’on veut. »

« Mais les travailleurs ne sont plus d’humeur à se laisser soudoyer », il insiste. Ils veulent une voix au travail et pour leur avenir. Un accord syndical « ça vous procure certaines garanties », dit-il. « Voyez-vous, nous n’avons pas de plan de retraite, et de un. Les augmentations ne sont pas garanties. »

Et pourquoi, se demande-t-il, devrait il se tuer à atteindre des objectifs qui n’ont absolument rien à voir avec son propre emploi? « Je ne veux pas être évalué », dit-il. « Il n’y a rien de particulier à évaluer dans ce que je fais. Je répare par-ci et je connecte par-là. Puis dans les rapports d’évaluation ils disent, par exemple, que « Je dois participer aux côtés des autres équipes pour faire en sorte que l’objectif soit atteint. » Or cela n’a rien à voir avec l’endroit où je travail. Je veux juste aller au travail, faire mon boulot et rentrer à la maison. C’est ce que chacun et chacune d’entre nous veut faire.

« Je me soucie de mes clients. Je veux dire que je suis là pour faire marcher un système et c’est ce que je fais. »